Pourquoi le scratch vient-il d’une plante ? | Le Saviez-vous

Vous avez sûrement déjà entendu ce bruit : scrrrtch ! Celui d’une chaussure, d’un sac ou d’un manteau qu’on ouvre en tirant sur une bande auto-agrippante. On l’appelle souvent « scratch », et on connaît aussi la marque Velcro. Mais le plus étonnant, c’est que cette idée ne vient pas d’une machine compliquée. Elle vient d’une plante qui s’accroche partout.

Au début des années 1940, l’ingénieur suisse George de Mestral se promène avec son chien. En rentrant, il remarque quelque chose d’agaçant : de petites boules végétales, des bardanes, sont accrochées à ses vêtements et au pelage de son chien. Beaucoup de gens les auraient simplement arrachées en râlant. Lui, il se pose une question toute simple : comment ces petites boules tiennent-elles aussi bien ?

Pour comprendre, il les observe au microscope. Et là, surprise : la bardane est couverte de minuscules crochets. Ces crochets s’attrapent dans les boucles des tissus, dans les poils des animaux ou dans les cheveux. Pour la plante, c’est très pratique : elle peut transporter ses graines plus loin en s’accrochant à ce qui passe. Pour George de Mestral, c’est une idée géniale : si la nature sait accrocher et décrocher sans colle, on peut peut-être l’imiter.

C’est ainsi qu’il imagine un système en deux parties. D’un côté, une bande avec de petits crochets. De l’autre, une bande avec de petites boucles. Quand on les presse ensemble, les crochets attrapent les boucles. Quand on tire, ils se séparent. C’est simple, réutilisable, et beaucoup plus facile à manipuler qu’un bouton ou un lacet dans certaines situations.

L’invention ne devient pas parfaite du jour au lendemain. Selon le Lemelson Center du Smithsonian, il faut à de Mestral presque dix ans d’essais et d’erreurs pour obtenir un système vraiment efficace. Avec l’aide d’un tisseur français, il finit par utiliser le nylon pour fabriquer des crochets assez solides, mais aussi assez souples pour se détacher quand on tire. Le nom Velcro vient d’ailleurs de deux mots français : « velours » et « crochet ».

Aujourd’hui, les attaches auto-agrippantes sont partout : chaussures d’enfant, sacs à dos, vêtements, matériel médical, équipements sportifs, rangements, jouets… Elles ont même voyagé dans l’espace. La NASA les a utilisées pour fixer du matériel afin qu’il ne flotte pas partout en apesanteur.

Ce qui rend cette histoire si intéressante, c’est qu’elle montre une idée très puissante : la biomimétique. Cela veut dire qu’on observe la nature pour trouver des solutions. Un oiseau peut inspirer un avion, une feuille peut inspirer un matériau, et une petite plante collante peut inspirer une invention connue dans le monde entier.

La prochaine fois que vous ouvrirez une chaussure à scratch, pensez à la bardane : parfois, une grande invention commence par une petite boule piquante coincée dans les poils d’un chien.

Sources :

CG

Culture Generale sur toutes ses formes et les jeux d'entraînement cérébral...

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